
Depuis 1983, le premier Ecomusée belge prend ses quartiers dans les anciens bureaux de la Société des Charbonnages du Bois-du-Luc. L’Ecomusée du Bois-du-Luc est proche de la population de par son implantation et sa mission reposant sur la participation citoyenne. Il se tourne vers le sauvetage, la valorisation et la transmission de la mémoire industrielle au sens large du terme qui imprègne le territoire du Centre, ancien bassin industriel. Tous les secteurs industriels (verreries, métallurgies, entreprises de construction ferroviaire…) gravitant autour des charbonnages, toutes les catégories professionnelles (de l’ouvrier au directeur), toutes les dimensions de la vie sociale et toutes les formes de supports de témoignages (matériels et immatériels en ce compris les récits de travailleurs, le savoir-faire, le folklore) intéressent l’Ecomusée.

Qu’est-ce un Ecomusée ? Quelle est la différence entre un musée et un Ecomusée ? Pourquoi cette particule « Eco » qui fait de l’Ecomusée un musée d’une autre portée ?
L’Ecomusée est une forme de musée qui jaillit dans le contexte turbulent de mai 68 répondant à une crise des musées. « La Joconde au Métro » tel est le slogan de ceux et celles qui se sont élancés contre les bastions de la culture où les musées jouent un rôle strict de conservateur, d’une institution, froide et immuable, qui ne vit pas au rythme de son temps et qu’il faut détruire et brûler.
L’Ecomusée est avant tout l’histoire d’une revendication. Celle d’une utopie qui veut une culture proche des préoccupations de la population. Population qui est au cœur des musées.
Les Ecomusées apparaissent dans des territoires en mutations (exode rural, déclin industriel,…).
Ils s’ouvrent au milieu (éco) qui les accueille. Une révolution copernicienne s’opère…La collection du musée n’est plus constituée par une caverne d’Ali Baba d’objets plus ou moins précieux qui sont présentés dans des vitrines ou qui dorment dans des réserves.
Ainsi, à Bois-du-Luc le musée n’est pas circonscrit à quelques salles mais comprend les ateliers, les bureaux, la fosse, la cité, l’hospice, les terrils, le parc…tout un ensemble qui continue à vivre, à assumer d’autres usages non muséaux.

copyright : J.-L. Deru
Pour beaucoup, le sauvetage de de l'infrastructure industrielle des charbonnages est indispensable.
En novembre 1977, des représentants de l'Economie Régionale Wallonne, du Ministère de la Culture, des services d'assainissement des sites charbonniers de l'Administration communale et du Cercle d'Histoire et d'Archéologie Industrielle (C.H.A.I.) se réunissent à La Louvière afin de veiller à la mise en valeur du site minier du Bois-du-Luc. L'Ecomusée sera créé en 1983.
En 1992, le Fonds Européen de Développement Régional (FEDER-Objectif 1) permet un nouveau développement du projet touristique à l'Ecomusée du Bois-du-Luc.
En 1996, le site devient Patrimoine exceptionnel de Wallonie.
En 2000, est inauguré le parcours-spectacle "Entre homme et machine", projet de grande ampleur dont le but est de montrer au visiteur les divers aspects d'un charbonnage : la vie de tous les jours, le social, les techniques...
Aujourd'hui, le site du Bois-du-Luc, ainsi que ceux du Grand Hornu, Bois du Cazier et Blégny mine sont inscrits à la liste indicative du Patrimoine mondial.